Pourquoi une culture d’entreprise ?

Pourquoi une culture d’entreprise ?

Classiquement, l’entreprise est définie comme une union ordonnée par une autorité d’hommes et de femmes agissant pour produire des biens et des services afin de contribuer au bien de la société. Cette définition très formelle de l’entreprise nous enseigne deux choses : sa raison d’être est lucrative puisqu’elle produit pour vendre et ce qui lui permet la production est l’agir de ces hommes et de ces femmes. L’entreprise tient donc en elle-même deux ordres bien différents : celui de l’économie et celui de l’agir humain, aussi appelé éthique.

Comme nous le dit Milton Friedmann : « Les entreprises n’ont d’autre responsabilité que celle de gagner de l’argent et quand, animées par un élan de bienveillance, elles tentent d’assumer des responsabilités supplémentaires, il en résulte plus de mal que de bien. » Les entreprises ne doivent donc pas perdre de vue leur but lucratif et l’agir humain doit être considéré comme une gestion des ressources humaines. Cependant, et c’est le moindre des civismes, la rentabilité ne doit pas devenir un critère de tyrannie pour l’ensemble des collaborateurs ; les managers et dirigeants doivent donc trouver des moyens pour allier compétitivité et qualité de vie au travail.

Un des moyens les plus efficaces qui a été trouvé fût la culture d’entreprise ; car oui, cette dernière ne vise pas seulement le bien-être des travailleurs mais également l’argent. La culture d’entreprise comprend des valeurs et des rites qui reposent sur une histoire au cours de laquelle l’entreprise a su s’adapter à son environnement pour viser la pérennité et la cohésion interne. La culture devient alors un ensemble de ressources fournissant des solutions adaptées et éprouvées aux problèmes quotidiens de l’entreprise. Elle permet, en plus, de donner de la consistance et un sens à l’organisation et cela favorise une identification des membres. L’ensemble de ces bénéfices générés par la culture d’entreprise est un des meilleurs critères de performance puisque l’homme qui travaille bien est celui qui est motivé grâce à son sentiment d’appartenance et d’utilité vis-à-vis du groupe.

Mais aujourd’hui, la place de la culture d’entreprise semble prendre une autre tournure : elle n’est plus seulement un levier de productivité mais elle semble répondre à un besoin sociétal. En effet, le travail devient un lieu d’expression et de développement des compétences et de la personnalité ; en bref de la réalisation de soi. L’homme contemporain n’est donc plus finalisé par un ordre transcendant mais par son engagement dans une cause humaine qui peut être la prospérité d’une entreprise.  Cela explique un phénomène que l’on peut qualifier de « sacralisation » observé au cœur de nombreuses entreprises. Il y a une incorporation de pratiques et de discours de type « sacré» comme par exemple celui d’une demande marginalisée d’effectuer un travail personnel afin de sortir des schémas classiques et rationnels et faire place à l’intuition et aux rêves. On peut également citer la mise en contribution des grandes techniques de méditation telles que le yoga et la méditation zen dont le prestige est rehaussé par la réussite japonaise : « zen is good for business ».

Ainsi, l’entreprise ne doit plus seulement être comprise comme moyen d’avoir un salaire pour les hommes et les femmes mais également comme un élément donnant du sens à leur vie. C’est d’ailleurs pour cette raison que de nombreux dirigeants d’entreprises ont cherché à allier prospérité financière et bien-être des salariés par divers outils. Un des moyens peut être le partage des valeurs et des rituels de l’entreprise aux nouveaux arrivants grâce à des plateformes dédiées.